Usine de Baie-Comeau - Espoirs mitigés pour la relance

Guillaume Roy
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Alors que Produits forestiers Résolu n’a pas de projet de relance pour l’usine de papier de Baie-Comeau, le comité de relance de l’usine souhaite maintenant séduire de nouveaux investisseurs pour lui trouver une nouvelle vocation.

Vendredi dernier, le comité de relance, présidé par le préfet de la MRC de Manicouagan, a rencontré Rémi Lalonde, le président directeur général de Produits forestiers Résolu, pour connaître les intentions de l’entreprise en ce qui a trait à sa relance éventuelle.

GR 1avril21 2Marcel Furlong, préfet de la MRC de Manicouagan« Rien de nouveau n’est ressorti de cette rencontre, souligne Marcel Furlong. PFR n’a pas de projet dans les cartons et il n’y a aucune certitude pour une relance dans le futur ».

Plusieurs projets ont été proposés par le comité de relance, dont l’idée de transformer l’usine pour la production de pâte thermomécanique, qui sert à la production de papier tissu. Pour faire un tel produit, des investissements de 20 à 30 millions de dollars seraient nécessaires, pour l’ajout d’une unité de blanchiment. La production de carton et des produits de remplacement du plastique ont aussi été évalués, mais le comité préfère garder certaines informations confidentielles.

Étant donné que PFR possède plusieurs usines, la société choisit où elle investira et rien n’indique un souhait d’investir à Baie-Comeau, poursuit Marcel Furlong.

Ce dernier souligne que l’usine de Baie-Comeau a perdu un de ses plus gros avantages lorsqu’AbitibiBowater, qui connaissait des difficultés financières, a vendu son barrage hydroélectrique à Hydro-Québec, perdant ainsi un avantage concurrentiel énorme. De plus, l’usine ne compte pas d’usine de cogénération intégrée à ses activités, comme c’est le cas dans d’autres papetières. Une telle usine permettrait de transformer des résidus forestiers localement tout en réduisant les coûts en énergie.

Le comité de relance estime que le gouvernement du Québec doit fournir une aide similaire à ce qu’il a offert à Kruger, pour la transformation de ses usines à Trois-Rivières et à Sherbrooke.

GR 1avril21 3Stéphan Larivière, FPInnovationsSelon Stéphan Larivière, gestionnaire de secteur industriel pour les pâtes et papiers, produits hygiéniques et d’emballage chez FPInnovations, il existe trois options intéressantes pour la conversion d’une usine de papier journal.

La première serait de changer les rouleaux et les équipements de couchage, un investissement de quelques millions de dollars, pour produire des produits d’emballage alimentaire, un marché qui connait une croissance de plus de 10% au cours des dernières années.

La production de carton, qui nécessiterait des investissements d’environ 30 M$, est aussi intéressante, car le marché était déjà en croissance de 10% avant la COVID. Selon Stéphan Larivière, la croissance a été de plus de 20% depuis un an.

La troisième option serait de produire des emballages à usage unique pour remplacer les sacs de plastique à usage unique qui seront bannis à compter de 2021 au Canada, et à plusieurs autres endroits au cours des prochaines années.

Le problème, c’est que l’usine de Baie-Comeau possède de très grosses machines, qui produisent 200 000 à 300 000 tonnes par an. « Quand on se lance dans un nouveau marché, il est plus réaliste de produire 10 000 tonnes, pour trouver des clients, puis 50 000 tonnes, et augmenter graduellement la cadence », remarque l’expert de FPInnovations.

Exit la foresterie?

Le comité de relance évalue aussi la possibilité que l’usine soit vendue à un industriel hors de l’industrie forestière. « Le site se trouve à un kilomètre d’un port de mer et il est relié par un chemin de fer », souligne Marcel Furlong. De plus, il est situé sur un grand terrain ou il y a un système de traitement d’eau industrielle.

Selon La Presse, des sociétés comme EVSX, qui souhaite implanter une usine de recyclage de batteries, et Mason Graphite, qui est propriétaire d’un gisement de graphite à 300 km au nord, ont démontré un intérêt pour reprendre l’usine. 


Guillaume Roy, journaliste

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