Gestion des matières résiduelles et circularité : Le compostage et le recyclage sont-ils des solutions également durables?

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Chaque jour, quelque 700 000 tonnes de matières résiduelles— assez pour remplir plus de 60 000 camions à ordures — se dirigent vers les sites d’enfouissement d’une côte à l’autre des États-Unis.

De l’autre côté de la frontière au Québec seulement, nous éliminons plus de 6 millions de tonnes de matières résiduelles annuellement soit l’équivalent de 16 500 tonnes par jour. Si une portion de ces matières sont brûlées pour produire de l’énergie ou demeurent à la décharge, une part importante de ces ordures permettent d’alimenter deux solutions plus durables: le recyclage et le compostage.

Pour comprendre comment fonctionne chacune de ces solutions, imaginons le parcours de deux camions à ordures différents, tous deux remplis d’une matière à la fois recyclable et compostable : des fibres et des produits de papier sous forme de magazines, de boîtes de carton, d’emballages et autres.

Le contenu du premier camion est destiné au compostage. Le compostage est un processus par lequel les matières résiduelles organiques, y compris la pâte de bois, se décomposent jusqu’à se transformer en engrais. Ce processus est parfois confondu avec la biodégradation. Selon l’American Society for Testing and Materials (ASTM), la différence réside dans le fait que certaines matières sont biodégradables, notamment le plastique, mais prennent de nombreuses années à se décomposer et laissent dans leur sillage des résidus nocifs. Pour leur part, les matières qualifiées de compostables ne produisent aucun résidu toxique visible. La terre qui résulte de la décomposition des matières compostables, appelée humus, regorge de nutriments qui en font un excellent engrais. Selon la source du compostage, cet engrais peut ensuite être vendu à des fins ménagères ou commerciales.

Pour assurer la viabilité du compostage, les matières résiduelles sont acheminées vers des installations adéquatement équipées pour gérer une masse critique. Par exemple, l’environnement y est bien aéré, et la température et l’humidité sont maintenues à des niveaux favorisant une biodégradation rapide.

Voilà où les matières compostables rencontrent leur plus grand défi. Pour être certifiée compostable par des autorités telles que le Biodegradable Products Institute (BPI), une matière doit se dégrader entièrement en moins de 12 semaines. Dans un contexte « naturel », par exemple dans une pile de compost de jardin adéquatement oxygénée, c’est exactement ce qui survient. Toutefois, la majorité de ces matières prennent le chemin de la décharge, puisqu’on s’attend raisonnablement à ce qu’elles s’y décomposent naturellement, ou encore parce que plusieurs municipalités n’acceptent pas certaines matières résiduelles compostables, notamment les gobelets de café et les assiettes, dans les bacs à compost ménagers. Or, dans les sites d’enfouissement, ces matières sont ensevelies sous des tonnes d’autres matières résiduelles, ce qui les coupe de leur source essentielle d’oxygène. Ainsi, elles se décomposent beaucoup plus lentement et libèrent des quantités potentiellement bien supérieures de carbone.

Le compostage peut être une solution efficace pour toutes sortes des matières résiduelles organiques. Il permet non seulement d’éviter à bien qu’elles prennent le chemin des sites d’enfouissement, mais également de produire de l’engrais, un produit utile et important, par un processus à faible empreinte environnementale. Toutefois, le compostage signifie que le précieux contenu de notre camion à ordures ne pourra devenir qu’une seule chose: de l’engrais. De plus, les matières résiduelles ne seront ainsi revalorisées qu’une seule fois, limitant leurs nombreuses vies utiles potentielles.

Penchons-nous maintenant sur le parcours de notre second camion. Cette fois-ci, imaginons que son contenu est plutôt acheminé vers un centre de recyclage. En Amérique du Nord, le recyclage des matières à base de pâte de bois est une pratique centenaire. Aussi à l’époque, le linge et les chiffons déchirés étaient utilisés pour la fabrication du papier et vendus aux imprimeurs, qui les transformaient en journaux et en livres. Aujourd’hui, virtuellement toutes les usines de recyclage à l’échelle du pays sont en mesure de traiter le papier et le carton, ce qui en fait l’une des matières les plus faciles à intégrer à l’économie circulaire. En 2018, les États-Unis ont recyclé environ 46 millions de tonnes de papier et de carton, pour un taux de recyclage de 68,2%, le taux le plus élevé de l’ensemble des matières résiduelles, qui comprennent également le verre et le plastique. Dans la même période, le Québec a recyclé plus de 642 0000 tonnes de papier et de carton, pour un taux de recyclage de 81%.

Les installations de recyclage peuvent traiter les matières résiduelles sur place, ou encore les envoyer à une tierce partie, comme Fibres Sustana. Lorsque les matières résiduelles arrivent chez Fibres Sustana, elles passent par un processus en plusieurs étapes, qui comprennent le tamisage, le nettoyage, l’épuration, la flottation, le lavage et la dispersion. Par exemple, une fois les matières triées, elles sont placées dans un triturateur, une sorte de mélangeur géant qui combine le papier récupéré à de l’eau. Ce processus décompose les fibres réutilisables et les sépare de toute matière non fibreuse. Les fibres ainsi récupérées entrent ensuite dans la fabrication d’une variété de produits, notamment de papier tissu, du papier d’impression et des emballages en contact direct avec les aliments.

Ce processus manufacturier est incroyablement efficacement, consomme peu d’eau et d’énergie, et permet de créer une quantité considérable de produits revalorisés.

L’avantage principal du recyclage réside dans le fait qu’il permet de libérer la circularité des fibres et des produits de papier. Le papier et le carton peuvent être recyclés à maintes reprises, ce qui donne aux produits à base de fibres d’innombrables vies utiles, et réduit ultimement leur impact sur l’environnement et les changements climatiques.

Chez Fibres Sustana, nous sommes de fiers défenseurs de l’économie circulaire et croyons qu’en matière de produits de papier, le recyclage est la solution la plus sensée. Transformer le papier recyclé en produits de qualité est l’essence de notre entreprise. Nos deux usines traitent 2,2 millions de livres de papier recyclé chaque jour. Nous sommes outillés pour transformer encore et encore des produits qui ne pourraient autrement n’être compostés qu’à une seule reprise, comme, des gobelets de café et des magazines.

« Chaque jour, les effets des changements climatiques se font de plus en plus apparents. À l’échelle planétaire, les entreprises, les particuliers et les organisations répondent aux menaces environnementales en faisant des choix plus écoresponsables et en se fixant des cibles de réduction des émissions de carbone. La majorité des sociétés mettent en place des stratégies de durabilité qui comprennent l’utilisation efficace des matières premières, la réduction des matières résiduelles et le recyclage. Chez Sustana, nous sommes fiers d’être un maillon de l’économie circulaire et un partenaire de confiance de ceux et celles qui cherchent à créer un avenir plus durable en utilisant des produits recyclés de qualité », explique Philip Rundle, chef commercial chez Sustana.

Pour nous, la circularité et le recyclage sont l’essence de la durabilité. Elle utilise moins de matières premières et génère moins de matières résiduelles. En misant sur notre culture d’innovation et nos décennies d’expérience de pointe au sein de l’industrie, nous contribuons à créer un futur où le recyclage efficace à grande échelle deviendra la norme.


Source : Sustana