L’argent pousse dans nos arbres, récoltons-le!

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Depuis plusieurs années, l’industrie forestière au Québec est la cible d’attaques et de désinformation de la part de groupes politiques et d’ONG militantes, qui l’accusent à tort de déboiser agressivement les forêts québécoises. De plus, en ce moment, le secteur forestier québécois doit composer avec des défis additionnels attribuables à la COVID-19 et aux mesures protectionnistes américaines.

Or, pendant ce temps, des millions de dollars sont perdus chaque année en volume de bois non récoltés dans la forêt publique. Plus précisément, entre 2013 et 2018, le Québec s’est privé annuellement de 455 M$ de recettes fiscales et de 330 M$ en bénéfices économiques en n’exploitant pas la possibilité forestière à sa disposition.

Pourtant, plus que jamais, la reprise économique de nos régions doit passer par le secteur forestier. Il est tout à fait possible d’augmenter la récolte forestière tout en protégeant l’environnement, au grand bénéfice des régions et de l’ensemble des Québécois.

Regardons les chiffres : chaque année, c’est moins de 1 % de la forêt québécoise qui est exploitée. De plus, la forêt se régénère à un rythme plus rapide que ce que nous récoltons annuellement. En effet, aux cinq ans, le gouvernement établit la possibilité forestière du Québec. Celle-ci représente le volume maximum des récoltes annuelles que l’on peut prélever à perpétuité, sans diminuer la capacité productive du milieu forestier. En d’autres mots, il s’agit de l’« intérêt » que la forêt nous verse chaque année en se régénérant.

Au cours des dix dernières années, nous avons en moyenne récolté annuellement seulement 72 % de la possibilité forestière disponible dans la forêt publique québécoise. Nous récoltons donc présentement moins de bois qu’il s’en régénère chaque année. À titre comparatif, la Colombie-Britannique et le Nouveau-Brunswick en récoltent respectivement 96 % et 90 %.

De surcroît, récolter davantage de bois ne rime pas nécessairement avec augmentation de la pollution émise. Au contraire, une recherche effectuée l’an dernier par le Groupe de travail sur la forêt et les changements climatiques et financée par le gouvernement du Québec a démontré, entre autres, que de récolter plus de bois pourrait emprisonner beaucoup de CO2 et contribuer à la diminution des gaz à effets de serre (GES) émis dans la province. Par exemple, lorsque le bois est transformé en matériaux de construction, le carbone du bois reste emprisonné plus longtemps pendant que la forêt se régénère.

Il est donc non seulement erroné de stipuler que les forêts québécoises sont en danger et que leur superficie diminue d’année en année, mais il est aussi faux d’associer automatiquement la récolte de bois à l’augmentation de GES émis au Québec.

Dans le cadre du Plan stratégique 2019-2023, le gouvernement fait valoir l’importance d’augmenter la possibilité forestière ainsi que la récolte de bois. Cela rejoint nos propres conclusions, et c’est pourquoi nous mettons de l’avant trois recommandations concrètes.

1 – Le prix minimum fixé par le Bureau de mise en marché des bois doit être revu et diminué dans les régions où le bois en vente ne trouve pas preneur – la valeur marchande du bois étant souvent inférieure au prix minimum imposé.

2 – L’État, les régions et les entreprises privées de l’industrie forestière devraient collaborer afin d’établir un plan plus efficace d’aménagement des forêts publiques là où aucune activité d’exploitation n’est encore en cours afin d’augmenter la productivité de nos forêts.

3 – Il est impératif que le gouvernement du Québec limite les obstacles et coûts imposés aux entreprises forestières, dans l’objectif d’atteindre un seuil de récolte se rapprochant de la Colombie-Britannique, soit environ 95 % de la possibilité forestière.

La pandémie a eu des conséquences lourdes pour l’économie de nos régions. Des mesures concrètes permettant au secteur privé de stimuler les investissements et de contribuer à la reprise de la croissance économique doivent être priorisées. Il est à l’avantage non seulement des familles québécoises en région, mais aussi de l’ensemble des Québécois, de pouvoir compter sur un secteur forestier fort et prospère. Il est temps d’augmenter la récolte forestière et de cesser de perdre des centaines de millions de dollars chaque année.

Miguel Ouellette est directeur des opérations et économiste à l’IEDM et l’auteur de « Forêts québécoises : des centaines de millions perdus dans nos régions chaque année ». Il signe ce texte à titre personnel.


Source : IEDM

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