Remettre l'économie canadienne sur les rails

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Cathy Campbell, conseillère principale, Distribution responsable Canada

John Corey, président, Association canadienne de gestion du fret

Bob Masterson, président et chef de la direction, Association canadienne de l'industrie de la chimie

Joel Neuheimer, vice-président, Commerce international, transport et RH, et secrétaire général, Association des produits forestiers du Canada

Lorsque la pandémie de COVID a frappé le Canada au début de l'année 2020, les Canadiens ont rapidement appris à quel point nous dépendons de chaînes d'approvisionnement solides pour nous alimenter en services et produits essentiels. La violence gratuite qui sévit en Ukraine renforce tragiquement cette réalité à l'échelle mondiale.  

Depuis leurs tout débuts, les chemins de fer du Canada jouent un rôle historique dans l'unification de notre pays et la croissance de notre économie nationale.  

Aujourd'hui, d'innombrables secteurs essentiels au bien-être économique du Canada dépendent toujours d'une infrastructure ferroviaire robuste et fiable pour acheminer des produits essentiels vers les marchés. Cette infrastructure est particulièrement vitale dans des secteurs comme l'agriculture, la chimie et la foresterie, qui exercent leurs activités dans des régions rurales et éloignées du pays où le rail est souvent l’une des options limitées pour transporter les marchandises. Dans le secteur forestier, par exemple, 80 % des usines du pays sont desservies par un seul chemin de fer.

Bien que les camions ne puissent jamais transporter tous les volumes qui doivent être acheminés par rail, la pénurie de chauffeurs de camion qu’on connaissait avant la pandémie (on compte actuellement 22 990 postes vacants au Canada) a fait augmenter de façon exponentielle les coûts d'un service ferroviaire inadéquat. Dans certaines régions du pays, le coût du camionnage a également augmenté de 150 % au cours du dernier trimestre.

Le transport ferroviaire présente aussi des avantages en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Selon l'Association des chemins de fer du Canada, un seul train de marchandises peut retirer plus de 300 camions des routes canadiennes, le rail peut transporter une tonne de marchandises sur 215 kilomètres avec un seul litre de carburant et le transfert de seulement 10 % des marchandises des camions vers le rail réduirait les émissions de GES de près de 3,7 mégatonnes d'équivalent CO2, ce qui correspond au retrait d’environ 1,1 million de voitures à essence des routes canadiennes pendant un an.

Le Canada a besoin d'un réseau de transport résilient et prévisible pour répondre à la demande mondiale croissante pour nos produits, garder les travailleurs au travail et améliorer les conditions économiques des communautés rurales et nordiques. Malheureusement, au cours des dernières années, les systèmes de transport du pays se sont révélés fragiles, peu fiables et peu performants. Cela remet en cause notre capacité à développer nos activités et a un impact sur les relations avec les clients et la confiance des investisseurs au Canada.

Étant donné l'importance de ce service essentiel pour la relance du Canada après la pandémie, nous pensons que notre gouvernement fédéral et nos partenaires ferroviaires doivent agir de toute urgence sur trois grandes questions, à savoir :

1. Construire des infrastructures tournées vers l'avenir, qui soient robustes, fiables et prêtes à transporter des produits;

2. Assurer l’uniformité et la qualité des services ferroviaires. Il faut notamment une plus grande transparence concernant les facteurs économiques fondamentaux et les performances des chemins de fer (par exemple, savoir quels wagons, locomotives et équipes sont sur le réseau ou non). Dans les cas où il y a des lacunes ou des problèmes, il faut être ouvert quant aux plans de redressement et;

3. Retenir et former la main-d'œuvre de demain pour que notre système de transport dispose d'un personnel suffisant.  

Les chemins de fer du Canada ont une tâche importante et difficile à accomplir, qui a été compliquée par une pandémie mondiale, des catastrophes naturelles, de fréquentes interruptions du travail et des événements mondiaux. Mais il existe des problèmes systémiques de longue date, notamment un rendement médiocre et un manque de concurrence, qui nécessitent absolument des solutions, maintenant et à long terme. Nous restons déterminés à collaborer avec nos partenaires du secteur ferroviaire et des autres modes de transport, ainsi qu'avec le gouvernement fédéral, pour renforcer et développer les perspectives économiques des travailleurs canadiens et de leurs familles. Il est temps de remettre sur les rails un plus grand nombre de nos produits ainsi que l'économie canadienne.


Source : APFC