Le rôle des papetières dans la production de bioproduits

Source de l'image : Archives LMP

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Avec les cibles climatiques de plus en plus ambitieuses dans le temps, et l’intérêt grandissant pour les biocombustibles issus de biomasse non alimentaire, l’industrie papetière sera-t-elle une bonne candidate pour fournir de l’équipement et/ou des technologies, voire même produire des bioproduits supplémentaires?

A l’heure actuelle, l’industrie des pâtes et papiers est reconnue pour générer de l’énergie à partir de sources renouvelables, comme les résidus de bois et la liqueur de mise en pâte. Tel qu’illustré dans la présente Figure, 43% de l’input énergétique des papetières provient de sources renouvelables. Toutefois ce pourcentage varie d’une région à l’autre. Par exemple, 90% de la consommation mondiale de charbon est concentrée dans la région Asie Pacifique, alors que pour l’Amérique latine, plus de 70% du combustible en papetière provient de sources renouvelables.

Consommation annuelle de carburants

FI 23mars22 2Source: FisherSolve Next


Entre 2005 et 2015, plusieurs recherches ont été réalisées sur les biocombustibles grâce aux initiatives de la RFS (Renewable Fuel Standard). Entre 2016 et 2020, les énergies fossiles sont devenues plus abordables, faisant reculer la production de biocombustibles, mais pas la recherche. Certaines sources ont été investiguées, notamment les algues, mais sans plus.

Cette fois, la recherche papetière reprend son envol car les entreprises de pâtes et papiers cherchent des solutions pour atteindre leurs ambitieuses cibles d’émissions de gaz à effet de serre (GES) Parmi les plus récentes initiatives, on remarque :

  • L’Université du Maine et la Defense Logistics Agency Energy se sont unies pour transformer les résidus forestiers et de scieries, de même que les résidus municipaux et de construction en carburant hydrocarboné durable.
  • ExxonMobil veut pour sa part réduire ses émissions de GES dans le secteur du transport. La multinationale a fait l’acquisition de 49,9% de Biojet AS, une compagnie norvégienne des biocombustibles, qui a l’intention de convertir les résidus forestiers et de construction (en bois).
  • La FAA (Federal Aviation Administration) a fait un don important à la Washington State University pour examiner la modernisation de papetières existantes, de même que des usines de canne à sucre, d’éthanol de maïs et de raffineries de pétrole pour traiter les résidus de récolte forestière et de d’autres types de récoltes.

Ce récent retour de balancier vers la recherche de biocombustibles ouvre de nouvelles opportunités pour les papetiers.

  1. Utilisation améliorée des biomatériaux considérés aujourd’hui comme des résidus.
  2. Capitalisation des synergies de récolte forestière ou achat de partenariats.
  3. Utilisation d’équipement d’usines existants pour augmenter ou ajouter de la nouvelle capacité de biocombustibles et de biomatériaux.
  4. Innover pour mieux utiliser les sous-produits de cellulose, aujourd’hui sous-utilisés.

Les pâtes et papiers ont aujourd’hui une opportunité unique de mener le jeu et de définir quelques unes des solutions pour répondre au défi carbone global. Il s’agit d’une transition primordiale pour des manufacturiers encore énergivores qui doivent être proactifs plutôt que réactifs dans la recherche de solutions.


Jaclin Ouellet, Journaliste, Le Maître papetier